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Les Quotidiennes de Val

Les Quotidiennes de Val

... c'est l'histoire d'une lectrice, d'une fille se promenant, allant au cinéma, poussant parfois ses coups de gueule,ou dévoilant ses coups de coeur...Pour au final, partager ce qui anime le quotidien...


Laurent Gaudé parle de l' "Ouragan"...

Publié par Valou076 sur 30 Janvier 2012, 00:00am

Catégories : #littérature

... Tout le monde se rappelle des images de La Nouvelle-Orléans, noyée, engloutie par les eaux suite à l'ouragan Katerina, sans précédent et si dramatique.

Ouragan.jpg

Ce livre n'arrivait pas à attirer mon regard, jusqu'à maintenant. Le déclic, un reportage avec l'organisateur d'un club de lecture, pour mon journal. Quand j'ai vu sa liste de livres déjà présentés, sa passion autour du partage de la lecture, et la présentation de son dernier choix, ce livre, lors de la prochaine réunion... quand je l'ai vu là, devant moi, dans la bibliothèque de ma ville, sans hésiter, je l'ai pris !

Nous suivons l'arrivée de cet ouragan, par la narration de plusieurs de ses victimes. Josephine Linc. Steelson, "négresse depuis presque cent ans", qui a subi la "justice" des hommes blancs en perdant son mari très jeune, qui a vu ses enfants partir, ses amis, et qui connait les marais et les bayous autour de La Nouvelle-Orleans, mieux que personne. Cette tempête, elle est la première à la sentir, et à entrevoir sa violence. Il y a Keanu, homme cassé qui porte sur ses épaules le poids d'un travail en enfer, sur une plate-forme pétrôlière. Il y a Rose, qui perd au tribunal pour l'obtention d'une pension alimentaire, et qui se sent seule, seule avec son jeune fils de 6 ans. Il y a un révérend, qui rend visite aux prisonniers de la Parish Prison, et qui les fuit lors d'un semblant d'émeute, dans laquelle se trouve Buckeley, dernier personnage que Laurent Gaudé nous présente dans ce livre.

Une lecture en deux temps. Le premier, au coeur de l'épouvante. Je sentais le vent souffler, hurler entre les habitations, la pluie déferler, noyer la ville, la peur des habitants, leur fuite, ou leur résignation, face à cette élément supplémentaire à leur malheur. Je sentais cette odeur de pourriture, d'eau sale et étouffante. Cette crainte de voir le monde sombrer sous la main vengeresse de Dame Nature, qui ne supporte plus son exploitation par l'Homme.

Pour les deux-tiers de ce roman, je me suis jetée à corps perdu dans le récit, les pages tournaient comme si ce vent les soufflait une à une, sans laisser aucun répit, jusqu'à ce que le vent tombe, et que les survivants de La Nouvelle-Orleans relèvent la tête, apeurés, craignant la rupture de la digue.

Pour le dernier tiers de ce roman, un personnage m'a miné, ennuyé, exaspéré : le révérend. Vous voyez dans certains films ce révérend qui prêche de toute son âme la parole de ce Dieu auquel plus personne ne croit lors de pareille catastrophe, celui qui croit que tout peut être un signe de ce Dieu qu'il vénère...et que si une hache se trouve sur son passage, c'est un message on ne peut plus clair qui lui est adressé.

A cause de lui ma lecture est passée de "très bonne" à "bonne"...Le souffle manque, la narration stagne, mais ne fait-elle pas comme l'eau inondant les rues de la ville, et charriant ses crocodiles à la recherche des personens hagardes, perdues ?

Ce livre est un doigt pointé contre l'abandon de la population noire et pauvre de la ville, lors de cette catastrophe naturelle qui a fait tant de victimes et de dégâts. Les Etats-Unis ont dévoilé leur faiblesse, sa sélection permanente à l'encontre des personnes à sauver en priorité, avant de s'intéresser aux dernières de la liste. Josephine Linc. Steelson est forte, intelligente, révolutionnaire à bientôt 100 ans, fière de ses origines et toujours prête à en découdre, en montrant par exemple où ce pays les a mené...dans un terrain de sport malodorant où des centaines de personnes se tassent pour survivre !

L'auteur était-il témoin de cet événement ? Je ne saurais répondre à cette question. Mais ce roman est comme un cahier ouvert aux suppliques des oubliés de La Nouvelle-Orléans.

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zazy 09/02/2012 22:57


J'ai beaucoup aimé ce livre qui fut un coup de coeur.

Valou076 11/02/2012 13:40



je ne vais pas jusqu'au coup de coeur, mais en effet celui-ci était très bon !



Yuko 30/01/2012 11:21


C'est souvent le problème avec ce genre de livres... Ils partent souvent de manière très forte mais s'essouflent sous leur sujet parfois trop vaste...

Valou076 31/01/2012 10:18



Pourtant ce n'est pas la longueru du livre qui lui fait perdre du souffle, il n'est pas si gros que ça...mais comme je le disais dans mon billet, peut-être a-t-il voulu jouer fort en ralentissant
la cadence, au rythme de la tempête...des vents très fort, puis les eaux stagnantes... bon je reconnais que mon idée est un peu tirée par les cheveux...



Anne 30/01/2012 09:47


Pareil que toi, je ne sais pourquoi je ne parvenais pas à l'ouvrir. Mais tu m'encourages à lui donner une chance, d'autant que j'aime cet auteur, son écriture, ses ambiances. Je le prendrai à la
bibliothèque.

Valou076 31/01/2012 10:16



si en plus tu aimes cet autre, il est temps de découvrir un de ses derniers romans ;-)



enna 30/01/2012 07:36


Je l'ai découvert en audio livre et le lecteur a très bien su rendre vivantchaque personnage en leur donnant un ton et du coup le révérent ne m'a pas plombé... pour moi un coup de coeur!

Valou076 31/01/2012 10:16



je n'ai jamais essayé l'audio livre...il faudrait que je tente d'en découvrir un de cette manière, pour voir quel est le rendu...



Aifelle 30/01/2012 06:34


Je n'ai jamais lu Laurent Gaudé et ce titre là est à peu près le seul qui me tente.

Valou076 31/01/2012 10:14



Le hasard m'a mené vers cet auteur...je ne connaissais pas ses écrits auparavant...



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