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Les Quotidiennes de Val

Les Quotidiennes de Val

... c'est l'histoire d'une lectrice, d'une fille se promenant, allant au cinéma, poussant parfois ses coups de gueule,ou dévoilant ses coups de coeur...Pour au final, partager ce qui anime le quotidien...


Coup de foudre et chasse aux sorcières...

Publié par Valou076 sur 23 Septembre 2011, 12:02pm

Catégories : #littérature

... où comment vivre un amour dans une Amérique d'après-guerre, dans les affres de la Guerre Froide !

la-poursuite-du-bonheur Coup de chapeau à Douglas Kennedy ! D'une main de maître, l'auteur nous transporte dans cette sombre période de l'Histoire des Etats-Unis, le maccarthysme, ou la "Peur Rouge". Ce pan historique est la toile de fond d'une grande histoire d'amour, perturbée, torturée, mais passionnée, entre Sara et Jack.

Le récit démarre par un enterrement. Kate dit adieu à sa mère, q'elle n'a pas tous les jours comprises. Mère d'un jeune garçon, elle est divorcée et pense que les épreuves dans la vie sont dures. Durant l'inhumation elle remarque la présence d'une dame âgée, en retrait, qu'elle ne connait pas. Cette dame cherchera ensuite à entrer en contact avec elle, afin de lui raconter son histoire, et celle du père de la jeune femme, mort alors qu'elle n'avait que 18 mois...

Ce que Kate connaissait de son histoire va être chamboulé à jamais, par le récit de cette dame, Sara.

J'avais lu il y a quelques semaines, du même auteur, L'homme qui voulait vivre sa vie, quer j'avais déjà bien aimé...mais cette fois-ci La poursuite du bonheur est un COUP DE COEUR !

Si le démarrage est certesun peu long, l'auteur prend malgré tout rapidement la main de son lecteur pour l'emmener soixante années plus tôt, à l'heure où les Américains savourent ce retour à la paix et la fin de cette 2e guerre mondiale. Dès que l'on tourne les première page du récit de vie de Sara, je me permettrai de comparer la lecture avec des montagnes russes...après un démarrage progressif, en vitesse continue, la première péripétie arrive et tout s'enchaîne à grande vitesse, le lecteur est entrainait dans ce récit au débit soutenue, efficace et envoûtant...jusqu'au dernier virage-dernière page, où le wagon s'arrête.

Quand Sara s'installe à New York, ellen'a en tête queles leçons de morale et de maintien que ses parents lui ont inculqué. Son frère Eric, installé depus quelques années, lui ouvre les portes d'un nouveau monde, celui de la liberté, si difficile à imaginer dans un pays si puritain, si respectueux du protocole et des traditions. Sara veut se libérer de ses images de mère au foyer, veut travailler, gagner sa vie et mener sa vie sans barrière. Elle entend avant tout, se démarquer de ces règles de vie :

 

" - Bon. En tout premier lieu, je ne crois pas en Dieu, ni en Jéhovah, ni en Allah, ni au Père Noël, ni en Donald Duck [...] Et j'ai beau chérir ce pays, je ne crois pas non plus qu'il faille sans cesse brandir la bannière étoilée. L'ultra-patriotisme m'effraie autant que les prédicateurs exaltés. C'est le même genre de dogmatisme effréné. Le vrai patriotisme est discret, réfléchi...retenu." p. 167

 

Sa rencontre avec Jack, un soir de Thanksgiving, la changera à jamais. Elle découvrira ce q'uest véritablement l'amour, celui qu'elle n'avait alors, qu'effleuré, sans vraiment le connaître :

 

" L'amour, alors? Le vrai, le pur, l'indicible amour? Il n'y avait rien d'autre pour qualifier ce que je ressentais. Mais c'était aussi dévorant, épuisant, débilitant q'une grippe carabinée. Avec une seule différence, et de taille : au lieu de baisser peu à peu, la fièvre montait."  p.192

 

Cette histoire d'amour sera le véritable point de départ de la vie de Sara. Abandonnée, elle va peu à peu se reconstruire, se forger un avenir, tout en voyant s'élever, dans l'ombre, la menace de la répression. Dans ce pays ayant fait la guerre pour sa liberté et son indépendance, les citoyens américains se verront surveillés, notamment ceux qui ont eu, de près ou de loin, des relations avec le parti communiste ou avec des partisans de cette idéologie. La guerre en Europe avait peu être cessé, celle entre les deux grandes puissances de l'époque : les Etats-Unis et l'Union Soviétique, ne faisait alors que de commencer, et des citoyens devaient alors en pâtir, notamment par cette "Chasse aux sorcières".

 

Qu'est-ce que la chasse aux sorcières ?


Cette épisode de l'Histoire de Etats-Unis provient du maccarthysme, ou politique lancée par le sénateur Joseph McCarthy, dès 1950, afin de lutter contre le communisme, en recherchant tout sympathisant, militant au agent de ce mouvement politique sur le territoire américain. Cette période sombre du pays a entraîné des interrogatoires de fonctionnaires, de personnalités, poussant à la delation, sous menace de ruiner la vie de toute personne voulant protéger un communiste. Inquisition du 20e siècle, ce fléau a instauré une atmosphère chargée de paranoïa sur le pays, et de nombreuses personnes se sont vues contraintes de démissioner de leurs fonctions, des artistes bafoués s'exilent ou se suicident (rappelez-vous que Charlie Chaplin s'est enfui en Europe suite à cette politique de répression, et n'a jamais voulu rentrer dans son pays). Cette sombre période a assombri le quotidien des Américains jusqu'en 1954, alors que MacCarthy reçoit un blâme le 2 décembre 1954 et est renvoyé de ses responsabilités politiques...

Durant cette période, de 1947 à 1954, les Etats-Unis, idéal de liberté pour tous, ont pourtant poussé 26 000 employés fédéraux à subir une enquête sur leurs idées politiques, mais aussi leurs vies privées. Plus de 7 000 démissions ont été enregistré suite à ces enquêtes dénonçant une appartenance  à une politique subversive, ou à cause de moeurs contraires aux idéaux puritains de ce pays.

 

" Les gens étaient tellement pressés, ici, tellement actifs, qu'ils ne soupçonnaient pas les injustices qui se commettaient quotidiennement en leur nom, les carrières brisées, les réputations ruinées, les vies en miettes. C'était là l'un des aspectsles plus redoutables de la chasse aux sorcières : tant qu'on était pas menacé personnellement, on pouvait continuer à vivre comme si de rien n'était." p. 668

 

A mon sens, en tapant sur un sujet aussi lourd, Douglas Kennedy rappelle cette période aux lecteurs ne l'ayant connu, en la dénonçant, en rappelant de quoi la politique peut être capable...malgré ce vent de liberté et de droits semblant souffler sur les Etats-Unis.

Ce livre est une merveille tant pour son rapport à l'Histoire avec un grand H, que par al narration de cette histoire d'amour, hors du commun, unique. Le personnage de Sara grandit, développe ce caractère si fort qui est le sien...beaucoup de personnes entourant cette femme libre sont en tout point aussi intéressants, mais je m'arrête ici, pour que vous pouviez goûter vous même à ce magnifique tourbillon d'Histoire, d'amour et de sentiments.

 

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Sherry 26/09/2011 18:20



c'est le genre de sujet qui m'attire, l'histoire des hommes.... les vrais, ceux qui ont fait l'histoire



Valou076 26/09/2011 18:55



j'aime beaucoup aussi, là je lis un roman sur l'histoire d'une idylle entre le dramaturge irlandais Snge et une jeune comédienne, en 1907...c'est bon les retours romancés dans le passé...



sophie57 23/09/2011 18:36



je crois que Douglas Kennedy n'a plus grand-chose à prouver, en tout cas ici en France, car les américains ne sont pas aussi clients...en tout cas il parle très bien le français, tu vas pouvoir
converser un peu avec lui si tu le souhaites...je suis curieuse de découvrir le dernier:saura-t-il me séduire, comme d'hab?



Valou076 23/09/2011 18:41



une inconditionnelle de Kennedy je vois...Après celui-ci et L'homme qui voulait...si tu en avais un à conseiller, tu dirais lequel?



George 23/09/2011 15:36



le prochain, je voulais dire, le dernier, celui que MOI je vais recevoir ;) !!!! j'ai une LC prévu en octobre sur "le charme de la vie conjugale" qui paraît-il est très bien aussi, à voir si tu
veux te joindre à nous !



Valou076 23/09/2011 18:00



j'ai vu que tu avais une LC mais de mon côté j'en ai également aussi et je ne peux pas ajouter celui-ci...bah...ce n'est pas comme si on n'en avait pas programmé ensemble des LC ;-)



Anne 23/09/2011 15:17



Je me souviens d'un coup de coeur aussi, après avoir aimé le rythme et l'humour de Les désarrois de Ned Allen". Cette Sarah et son superbe appartement à New York... "Depuis, j'ai trouvé plein de
titres à moitié prix et on m'a offert "Quitter le monde" que j'ai beaucoup, beaucoup aimé aussi...



Valou076 23/09/2011 17:58



mais là je crois que la vague Doglas Kennedy va sévir d'ici peu...d'abord il y a sa dédicace à Rouen le 8 octobre, où j'irai à la rencontre, son dernier volume sous le bras...mais je pense
m'attaquer à des anciens également...en espérant ne pas être déçue... je note Ned Allen !



George 23/09/2011 14:10



En lisant ton billet, tout m'est revenu de ce roman que j'avais aussi dévoré sans m'en rendre compte !! long (quoique!) et très intéressant billet qui me donnerait envie de le relire ! reste à
plancher sur le prochain ;)



Valou076 23/09/2011 14:53



sr le prochain...Kennedy ? c'est de ça que tu veux parler ? j'attends de prendre son dernier...et après on verra pour continuer sur d'autres romans de l'auteur...



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