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Les Quotidiennes de Val

Les Quotidiennes de Val

... c'est l'histoire d'une lectrice, d'une fille se promenant, allant au cinéma, poussant parfois ses coups de gueule,ou dévoilant ses coups de coeur...Pour au final, partager ce qui anime le quotidien...


Concert et file d'attente...

Publié par Valou076 sur 31 Octobre 2011, 08:16am

Catégories : #Le livre du mois

...pour la mise en vente des tickets d'entrée, devant Le Kiosque, par Olga Grushin.

Le kiosque

Une opération Masse Critique chez Babelio, cela se prépare. La veille des inscriptions, on ette un oeil sur la sélection, on repère ceux qui nous intéressent, on les note, en attendant le rendez-vous matinal, pour valider son choix.

Ce matin-là, validant les livres que j'avais repéré, mon oiel s'arrête sur un image de Lénine. Tiens...Qu'est-ce donc? Et là je découvre Le kiosque, et je coche vite fait ce livre car son résumé me plait, en me disant "on verra bien le résultat des courses". Quelques jours plus tard, le choix est fait, et je remporte ce même roman...

Quatrième de couverture :

En Union soviétique, à une époque non déterminée, une rumeur circule selon laquelle célèbre compositeur en exil revient à Moscou pour un dernier concert. Une file d'attente commence à se former devant un kiosque. Sergueï, musicien rêvant d'interpréter une symphonie, apprend qu'il n'y aura que 300 places disponibles avec un seul billet par personne. Il est alors persuadé que c'est lui, et personne d'autre de sa famille, qui a le droit d'aller écouter Selinsky.

Peu à peu, des gens qui ne se connaissent pas se retrouvent, chaque jour, pendant un an. Et, au fil du temps et des saisons qui passent, alors que le kiosque reste fermé, ces "silhouettes" anonymes prennent corps. Des amitiés improbables se nouent, des souvenirs enfouis refont surface, des événements inattendus les aident à dépasser les frustrations quotidiennes.

Comme le précise l'auteur, elle s'est inspirée d'une histoire vraie. En 1962, le célèbre compositeur Igor Fiodorovitch Stravinsky est invité par le régime soviétique à venir diriger un concert à Moscou ; ce sera son premier voyage de retour dans son pays natal après presque 50 ans d'absence. La file d'attente pour les billets commença un an avant le spectacle et se transforma en un étrange et compliqué réseau social.


A la lecture des premières pages, je me suis de suite sentie emballée par l'histoire...Les trois premières pages retranscrivent les interrogations entre les différentes personnes présentes dans cette file d'attente...Mais qu'est-ce qu'il y a à vendre dans ce kiosque? Dans ces dialogues, nous retrouvons cette distance des files d'attente lors de grève, de nos jours, à se poser des questions mais en ne répondant pas de manière aimable, la distance demeure et est même ressentie comme nécessaire autour de ces différents protagonistes. 

Car le roman se déroule à une date indéterminée de l'ère soviétique en Russie. A cette époque il ne fait pas bon exprimer trop clairement ses doutes, ses attentes ou ses regrets. Il est souhaitable de garder le silence devant des personnes que l'on ne connaît pas. Des rumeurs de personnes embarquées dans des voitures aux vitres teintées circulent, et la solution de se taire reste la plus raisonnable pour chacun...

Alors que la file d'attente se met en route, devant un guichet sans cesse fermé, nous rencontrons une famille. D'abord la femme, Anna, qui est enseignante, et qui désespère de voir son mari si distant dans leur vie de couple. Pour elle, ce kiosque, c'est un peu un moyen d'acquérir quelques chose qui pourrait donner un peu de piment dans une vie faite de lassitude et de désillusions, même si rien ne doit être dit ...

Ensuite vient le mari, Sergueï, qui joue du tuba, était auparavant un petit virtuose avant que ce qu'ils nomment le Changement (certainement la révolution de 1917) ne casse ses aspirations, le violon devenant trop esthétique et bourgeois, pour un régime politique voulant montrer sa force par des instruments rendant un son quasi guttural. Ces hymnes au régime le lassent, mais comment vivre autrement. Quand il entend parler d'un concert mystérieux, il comprend très vite que le kiosque et cet événement sans pareil ne font qu'un. Le grand Selinsky viendrait diriger un concert philharmonique après plus de quarante ans d'absence sur ses terres natales, le grand virtuose avait fuit son pays au moment du Changement. Pour les concessions qu'il doit faire dans son art, pour l'avilissement de son génie pour le régime, Sergueï estime qu'il est le seul à mériter un ticket parmi les 300 mis en vente.

Le fils, Alexander, entre en jeu. Lui ne supporte plus sa vie, cette ville, cette famille menée par le bout du nez, cette grand-mère sénile vivant chez eux. Il délaisse l'école et rêve d'ailleurs. Il rencontre des personnages ténébreux, et passe par le marché noir. Ce billet s'il l'obtient lors de son tour de garde dans cette file d'attente, pourrait être sa clé de sortie d'un monde sans saveur, sans avenir pour lui...

Autour de ces trois personnes, quatre avec la grand-mère qui ne parle pas, se dessine toute une organisation pour la bonne tenue de cette file d'attente qui traverse les semaines, les mois, passant de l'automne à l'hiver...et ces billets de concert qui n'arrivent pas...

Les files d'attente devant des kiosques étaient des images récurrentes du quotidien des Russes à l'époque communiste. Faire la queue pour des chaussettes, des gants, ou un autre arrivage exceptionnel qui, l'espace d'un instant, peut donner l'impression de changer un peu une vie morose, dans un univers gris et difficile. Comme elle le dit à la fin de son roman, l'auteur russe s'inspire d'une histoire vraie, avec la mise en vente en 1962 de billets pour assister à un concert exceptionnel, celui du célèbre compositeur Stravinsky, invité par le régime soviétique à venir donner un concert, cinquante ans après son exil.

Nous avons le droit à quelques belles scènes, celles montrant l'entraide, dans la discrétion, avec une personne ayant quelques avantages et qui veut en faire profiter sa voisine de file d'attente, un amour pour la musique, le beau...qui fait que pendant un an, chaque jour, des membres d'une famille se relayent pour avoir un billet et permettre à un parent d'assister à ce moment exceptionnel, et si rare dans cette période troublée.

Mais, et il y a un mais,une fois encore les personnage ne m'ont pas accroché et parfois, ma lecture demeurait trop passive à mon goût. L'ado rebelle, la mère naïve et paumée, le mari sûr de lui mais pas tant que ça, qui ne retrouve pas chez sa femme ce qui l'avait séduit...

Des personnages au final qui m'ont plus donner l'envie d'en finir plutôt que d'approfondir leur portrait. Il y en a peut-être une qui, de son côté, gardait ses mystères et maintenait ma curiosité éveillée. Il s'agit de la grand-mère, la mère d'Anna. Si elle ne dit rien, c'est son personnage qui nous en apprend le plus sur l'avant-Changement, la vie artistique de cette Russie oubliée et baillonnée...Les passages où une voix s'élève dans la nuit sont assez saisissants...

Au final, une lecture intéressante mais sans plus. Je ne regrette pas ce choix car il m'a permis une nouvelle fois de partir dans des nouvelles terres, dans une autre période historique, comme je l'aime en ce moment...mais peut-être que ce roman s'est également calé entre de très gros morceaux, et qil était difficile pour lui de faire sa place après ma lecture du de Vigan, par exemple...( j'ai fini Le kiosque quelques jours avant de lire Abecassis...)

Je peux intégrer ce roman dans quelques challenges, avec une nouvelle étape dans mon tour du monde, ainsi qu'un petit voyage dans l'univers de la musique...tout en continuant  ma découverte de cette rentrée littéraire 2011.

1% rentrée 2011 challenge-Des-notes-et-des-mots-2 challenge le tour du monde

Merci une nouvelle fois à l'organisation autour de ces Masses Critiques chez Babelio, qui permettent de travailler au-delà de ces romans surexposés, pour apprendre à fouiller et découvrir bien d'autres histoires, et bien d'autres auteurs. Un merci également aux éditions Payot & Rivages  pour proposer leurs nouvelles sorties à ce type de rendez-vous.

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George 02/11/2011 21:41



oui j'ai remarqué ! moi je trouve ça bien et ça prouve que tu as des choses à dire !



Valou076 03/11/2011 21:16



J'ai oublié de préciser ici que ce roman, je l'ai lu partout, même sur le vélo de la salle de gym ! En effet, pleins de choses à dire ! Mais comem je te disais, je ne veux pas me reduire à "J'ai
aimé ce livre parce qu'il est bien écrit et qu'il parle de l'Histoire" ;-)



George 02/11/2011 09:29



un roman qui ne me tente guère ! malgré un billet très riche !



Valou076 02/11/2011 21:08



merci, je ne sais pas pourquoi, je reste très bavarde en ce moment dans mes billets...je m'emballe ;-)



Anne 01/11/2011 11:20



Why not ? Je t'envoie mon adresse par mail ?



Valou076 01/11/2011 11:29



Oui sans problème, il y a un formulaire de contact sur la droite de ma page...je t'envoie ça très vite alors...



Anne 31/10/2011 22:56



Un tableau accablant de l'ex URSS aussi, si je comprends bien. J'aime bien l'expression "réseau social" à propos de ce kiosque !



Valou076 01/11/2011 10:15



Oui assez accablant, il démontre bien que la culture artistique était bafouée, muselée, et juste cantonnée à faire de la propagande pour le régime communiste...la musique ne devait servir qu'à
chanter et jouer des airs martiaux vantant la "noblesse" de ce mode de vie... La mélancolie est très présente...


C'est vrai que c'est une expression que je n'ai pas relevé dans mon billet, "réeau social", preuve que le tissu dit social ne se réduit pas qu'à une connection haut débit ! il suffisait lors de
discuter avec les personnes dans une file d'attente...si tu veux je peux te l'envoyer s'il t'intéresse...



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