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Les Quotidiennes de Val

Les Quotidiennes de Val

... c'est l'histoire d'une lectrice, d'une fille se promenant, allant au cinéma, poussant parfois ses coups de gueule,ou dévoilant ses coups de coeur...Pour au final, partager ce qui anime le quotidien...


boulot d'un temps...(2)

Publié par Valou076 sur 20 Novembre 2010, 22:06pm

Catégories : #alors ça bosse ?

...comme hôtesse d'accueil.l

hôtessePar le biais d'une boîte d'intérim, j'ai trouvé il y a deux ans, un boulot d'hôtesse d'accueil pour une salle de spectacle. Prestations au gré de la programmation, pourboire et possibilité de voir des spectacles gratuitement...le rêve pour une étudiante fauchée comme moi.

Bon, c'est un rêve qui au démarrage a un coût. Et oui! Pour être hôtesse, impossible de travailler en jean's converse, c'est tailleur, jupe, chemise, collants et chaussures plates à acheter...car l'employeur ne fournit pas la tenue. Résultat des courses, il faut faire facilement quatre prestations pour rentrer dans ses frais (heureusement que c'était la période des soldes quand j'ai acheté ma tenue).

Ensuite vient la période d'essai. C'est la période où l'on découvre que la chef...est CHEF...ce qui veut dire qu'elle a de la gueule, qu'elle veut montrer qui est le boss en usant de ses cordes vocales (de préférence dans une pièce où les résonances portent loin), et qui panique dès qu'un micro-évènement pas normal se déroule...! Durant cet essai, je ne suis pas placeuse, mais sous-contrôle,c'est-à-dire que je suis debout devant une porte pendant deux heures à regarder si les gens passant là ne se sont pas trompés...Boulot pas très gratifiant mais qui met dans le bain sur les conditions de travail. Au bout d'un certain temps je suis devenue placeuse.

En quoi consiste ce travail? En gros, toute personne payant une place numérotée a son siège attitré, et c'est moi et mes collègues placeurs qui doivent les y accompagner, rapidement. Dans l'ensemble on se dit, c'est cool, 5000 personnes en 2h30 c'est gérable. Sauf qu'être avec un ticket numéroté signifie pour les deux tiers du public qu'il est possible d'arriver à la dernière minute. Donc, 3500 personnes ont ce raisonnement, les placeurs courent dans tous les sens, sont épuisés, les erreurs se présentent occasionnellement, et c'est la chef qui panique. Ce qu'il faut apprendre dans ce job, c'est faire la sourde oreille lors des beuglantes finales et se répéter que cette personne, au final, n'a pas un statut beaucoup plus élevé que vous dans la boîte.

Comment passer du statut de placeur à celui de responsable des placeurs? En quelques mots: faire de la lèche! C'est signifier à la personne au-dessus de soi combien ses coups de gueule sont cohérents et justifiés, raconter ce qu'il se dit derrière le dos du responsable, sans préciser qu'on faisait partie du débat. En seulement deux ans, j'en ai vu des personnes doucement monter dans l'estime selon ce qu'elles racontent, ou tout simplement en fonction de leurs liens familiaux.

Quand on arrive à cette place, tout cet ensemble de choses est invisible, inconnu même, c'est tellement bien d'avoir la possibilité de voir tous les concerts du moment, profiter de cet avantage de découvrir une multitude d'artistes sur scène grâce à son travail. Mais plus tard, quand les étincelles dans les yeux ont moins d'éclat, que la vision est moins floue, tous ces détails cités ci-dessus se révèlent et la prudence devient nécessaire car on sait que notre place est facile à perdre si on ne se tient pas à carreau...Etre à cette place, c'est être assis en permanence sur un siège éjectable, à attendre que le ressort lache.

Il a lâché hier me concernant, mais je l'ai bien aidé.

L'inconvénient avec un chef qui a du mal à supporter le poids de ses responsabilités, c'est qu'on ne sait jamais sous quelle lune nous allons le retrouver en mettant le pied sur notre lieu de travail. Apparemment c'était hier un mauvais quartier! Le problème de ce genre de personnes, c'est qu'elles savent très bien quel poste elles ont maintenant, mais ne se rappellent pas comment elles en sont arrivées là. Vous ne me ferez pas croire qu'une "grande gueule" de cette espèce était auparavant disciplinée et silencieuse sur son lieu de travail. 

Sous principe que le chuchotement de quelques personnes l'empêchaient de se concentrer, elle décidait de faire rentrer l'ensemble de l'équipe dans le vestiaire, sorte de placard à balai de la taille d'une salle de bain classique, sans aération. Mais, à la place de la baignoire et du lavabo, imaginez dans votre salle d'eau une bonne quarantaine de stewards et hôtesses, entassés en attendant d'avoir la possibilité de ressortir. Il fait chaud, la plupart des filles ne se sentent pas bien, tout le monde râle et la plupart sont aux limites de l'angoisse, mais tout le monde se tait en ressortant, tellement écrasé par leur soumission que l'ensemble du personnel fait même des courbettes à celle qui dix minutes plus tôt ne l'avait pas estimé plus respectable qu'un troupeau de bétail.

J'ai officiellement perdue ma place hier soir après ma prestation quand j'ai dit ouvertement à celle-ci qu'elle n'avait pas à nous traiter comme tel. Critiquer les actions de sa chef c'est signer son arrêt de mort, et même si elle ne l'a pas dit ouvertement, je sais que je ne retravaillerai jamais là-bas, d'une part parce que mon nom doit être entouré de rouge, mais d'autre part, je ne voulais plus être celle qui s'écrase devant des personnages aussi médiocres.

Une page se tourne, mais pas totalement, car malgré toutes ces crises, ces courses effrénées dans des volées de marche, ce lieu de travail à aussi été le décor de la plus belle rencontre de ma vie, et rien que pour ça, je garderai, malgré tout, de bons souvenirs de cette période.

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Aline 01/02/2011 07:56



BRAVO.


Je deteste l'hypocrisie et l'abus de pouvoir.



Valou076 01/02/2011 09:26



merci beaucoup, avec deux mois de recul je ne regrette vraiment pas d'avoir fait ça, même si depuis j'ai bien été mise à l'écart et jamais rappelé...ah oui sauf une fois, pour le jour de l'an car
pas assez de personnel, j'ai refusé!


merci pour ton soutien!



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