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Les Quotidiennes de Val

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... c'est l'histoire d'une lectrice, d'une fille se promenant, allant au cinéma, poussant parfois ses coups de gueule,ou dévoilant ses coups de coeur...Pour au final, partager ce qui anime le quotidien...


Profession du père, de Sorj Chalandon - rentrée littéraire 2015

Publié par Valou076 sur 13 Septembre 2015, 19:28pm

Catégories : #littérature, #rentréelittéraire2015

Profession du père, de Sorj Chalandon - rentrée littéraire 2015

Un nouveau Sorj Chalandon est devenu pour moi un impératif de lecture. Quand Enna m'a appris qu'un nouveau roman sortait, à l'occasion de la rentrée littéraire 2015, je me suis dit qu'il était impossible de vivre ma vie de lectrice sans avoir ce volume dans ma bibliothèque.

Aussitôt sorti, aussitôt acheté ! Le jour de sa sortie, le roman a fini entre mes mains, après avoir doucement annoncé à la libraire qu'il était bien sorti, en théorie, et que je ne pouvais pas attendre une journée de plus (appelez moi névrosée !)

Pour Profession du père, pas de guerre, ni de rencontre avec un rebelle de l'IRA. Cette fois-ci, nous sommes dans la famille de Sorj Chalandon, ou plutôt celle de son alter-ego, Emile Choulans. Ce jeune homme vit avec ses parents, reclus de dans un appartement, sans contact avec l'extérieur, hormis l'école. C'est l'histoire d'un enfant qui vit dans les mensonges incessants de son père, des mensonges qui meublent sa vie, au quotidien.

Quand son père lui annonce qu'il est temps de savoir qu'il fait partie de l'OAS et qu'il est temps de travailler ensemble pour tuer le Général de Gaulle, le petit Emile ne vivra plus la même enfance. De l'enfant, il deviendra petit soldat. De l'innocence, il passera à la méfiance, au jeu de rôles où, finalement, on ne sait pas vraiment qui est qui.

Mais qui est finalement ce père ? Le parachutiste, l'ancien conseiller du Général de Gaulle, le commandant d'une section de l'OAS ?

Profession du père, de Sorj Chalandon - rentrée littéraire 2015

Comme je vous le disais, Sorj Chalandon est pour moi un rendez-vous de lecture particulier. Il y a eu Mon Traître, une claque. Il y a eu Le Quatrième Mur, qui m'a scotché, après m'avoir fait hésiter durant les premières pages, puis Retour à Killibegs, à la découverte de la vie du Traître.

Et puis ce dernier ouvrage nous laisse plonger dans l'enfance de l'auteur. Car, si le personnage principal ne s'appelle pas Sorj, aucun doute n'est possible pour cette part de vérité, l'auteur présente bel et bien ce récit comme un retour, une mise en page de son enfance.

Et quelle enfance ! Un garçon vivant entre la démence de son père, et le renoncement d'une mère qui ne dit rien, qui laisse son fils croire les histoires de son père, les fables et légendes qui semblent tellement énormes, pour nous lecteurs, que nous avons du mal à imaginer une personne croire tout ce qui peut être dit. Le doute ne peut que s'installer.

Pourtant, cet enfant voit dans cet intérêt que porte son père pour lui, en faisant de lui son petit soldat, comme un moyen de communiquer avec lui, mais aussi de faire partie d'une organisation incroyable, dans laquelle se trouve ce parrain qu'il n'a jamais vu, l'Américain membre de la CIA, et l'observant de loin, suivant son parcours scolaire, et demandant à son père de le punir, en cas de mauvaises notes... tout cela, sans jamais le croiser, ou en étant à deux secondes de le voir.

Une enfance gâchée

Quand on a la chance de vivre dans une famille équilibrée, heureuse, quelles que soient les difficultés, on ne peut qu'avoir des difficultés à prendre conscience de ce triste portrait, ce triste témoignage, et à se dire que tout cela pouvait être réel. Je reconnais aisément que cette dernière réflexion peut paraître creuse, insignifiante. Mais comment peut-on vraiment prendre conscience de tout ce qui se décrit sous nos yeux ?

Ce roman, c'est le récit d'une enfance gâchée, perturbée par la folie d'un homme, de l'ignorance feinte de la mère, alors que cet enfant cherche, finalement, l'attention de son père. C'est comme une manière, pour Sorj Chalandon de se décharger de cette partie de son enfance, de "vampiriser" cette épisode de sa vie en y mettant des mots, en y exposant ses maux.

Je reconnais néanmoins qu'il ne s'agit pas de mon roman favori de Sorj Chalandon. Si l'émotion y est, si l'expression de la détresse d'un enfant me touche, je reconnais avoir de plus en plus de difficultés de lire le récit de vie d'un auteur. J'ai l'impression de regarder à la fenêtre du voisin, d'écouter aux portes des histoires qui ne me concernent pas. Et encore, je pense comprendre, d'une certaine façon, l'importance de ce récit pour lui, et c'est comme si, d'une certaine façon, lire ce roman est aussi une façon de l'aider à exorciser cette période de sa vie.

Ça y est, je m'enflamme, je vais peut-être en finir ici. Profession du père est un roman qui ne laisse pas indifférent, et qui interpelle, une fois encore, sur ces récits d'enfance difficile et maltraitée (j'ai peut-être un peu trop lu sur ce thème quand même !). Un roman écrit à la manière de Sorj Chalandon, avec toute cette part de sensibilité que j'ai déjà pu rencontrer à travers mes lectures de ses romans, et un style d'écriture que j'envie. Comme diraient les enfants rêveurs, un jour j'écrirai comme Sorj Chalandon !

Un livre qui est à découvrir, parce que c'est un sujet qui touche, parce que l'écriture est toujours aussi puissante et efficace... parce que c'est Sorj Chalandon !!!

Et pour conclure, je vous laisse l'écouter, avec le podcast de son passage sur France Inter, pour l'émission Boomerang "Sorj Chalandon, profession écrivain" :

Commenter cet article

Estellecalim 17/09/2015 16:33

J'ai l'impression qu'il écrit souvent sur des petits bouts de sa vie ou de son expérience personnelle. J'avais adoré le 4e mur, alors quand j'ai vu ce livre dans les SP de l'éditeur, j'ai demandé timidement et il attend sagement sur ma liseuse, mais ça va venir bientôt. Je suis juste un peu effrayé par le nombre de page, j'ai du mal en ce moment. Et puis pour après j'ai Killibegs, mais je vais lire mon traitre avant. Encore de belles pages de Sorj à se mettre sous les yeux ;^)

Valou076 19/09/2015 13:09

Il y a toujours une part de sa vie quelque part, une façon d'exorciser les démons, et les images vues lors de ses reportages, je pense.
Il se lit très vite, et le nombre de pages n'a pas vraiment d'importance pour ce roman. J'ai encore trois romans de lui à découvrir : Le Petit Bonzi, Une Promesse et La Légende de nos pères.

Leiloona 14/09/2015 08:16

Pas lu en me disant que c'était son enfance, je pensais que c'était juste une inspiration. Du coup quand j'ai appris que c'était son enfance, j'ai vu le roman autrement, en me disant punaise quelle force de résilience tout de même !

Valou076 19/09/2015 13:08

C'est clair. Je suis impressionnée de voir la force du récit et de son auteur, malgré le contenu.

eimelle 13/09/2015 20:35

un coup de coeur pour moi! Merci pour le podcast qui complète bien la lecture!

Valou076 19/09/2015 13:07

Il m'a paru très intéressant quand je l'ai écouté, en effet.

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