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Les Quotidiennes de Val

Les Quotidiennes de Val

... c'est l'histoire d'une lectrice, d'une fille se promenant, allant au cinéma, poussant parfois ses coups de gueule,ou dévoilant ses coups de coeur...Pour au final, partager ce qui anime le quotidien...


La Maladroite, d'Alexandre Seurat - rentrée littéraire 2015

Publié par Valou076 sur 2 Septembre 2015, 07:00am

Catégories : #littérature, #rentréelittéraire2015

Editions La Brune au Rouergue, 13,80 €
Editions La Brune au Rouergue, 13,80 €

Des centaines de nouveaux romans ont fait leur sortie sur les tables de nos librairies depuis la fin août, apportant tous leurs lots de promesses, d'espérances et de rêves, aussi. C'est aussi l'heure des grands choix : tenter des premiers romans ? Se jeter sur les romans de ceux que l'on adore ? Céder à la tentation des tapages médiatiques (même si l'absence d'un livre poubelle de Trierweiler cette année fait que la rentrée littéraire est passée inaperçue dans l'actualité) ? Ou encore donner sa chance à des auteurs dont on ne connait rien ?

Avec une moyenne de 18 euros par tome, il faut le reconnaître, la rentrée a un coût, et quand on ne veut pas céder à la tentation des services presse, pour une fois, le choix est difficile.

Ma rentrée littéraire a débuté avec ce court roman. Le premier d'Alexandre Seurat : La Maladroite.

Diana, huit ans, a disparu. En alternant les témoignages, l'auteur donne la parole à celles et ceux qui ont croisé le chemin de cette petite fille, dont l'avis de disparition s'affiche progressivement dans tous les organes d'informations. Lapidaires ou hésitants, ces témoignages permettront de retracer le parcours de cette petite fille à l'enfance troublée, cassée. En quelques 120 pages, Alexandre Seurat nous fait avancer progressivement vers un scénario tendu, angoissant, perturbant. Une lecture dont on ne peut sortir indemne.

La Maladroite, d'Alexandre Seurat - rentrée littéraire 2015

Et quelle lecture ! Repéré dès sa sortie sur les blogs de celles qui n'attendent pas des semaines avant de poster leurs avis de lecture, j'ai finalement acheté ce roman quelques heures après sa sortie pour savoir, me faire mon propre avis.

Dès les premières lignes, nous savons que ce ne sera pas une histoire avec un happy end. En guise de prologue, l'auteur donne la parole à l'institutrice de la petite.

"Quand j'ai vu l'avis de recherche, j'ai su qu'il était trop tard."

Par cette phrase, Alexandre Seurat propose avec son premier roman de suivre le déroulé de la triste vie d'une jeune fille de la Sarthe, Marina, qui avait fait la une de tous les médias en 2009, suite à l'annonce de sa disparition. Cette disparition n'était alors qu'une façon pour ses parents de cacher la mort de leur fille, morte sous les coups et l'indifférence de son père et de sa mère.

Ici, la petite fille se nomme Diana. Elle prend vie par les témoignages de sa grand-mère, sa tante, puis son institutrice, et tous ceux qui se sont inquiétés pour elle, durant sa courte vie. Les témoignages se présentent comme sous la forme de minutes de procès. Chacun donne son regard sur la situation de la petite, ce qui a été fait ou non, et comment Diana semblait vivre sa vie.

Un silence lourd, et fatal pour Diana

Là où la plupart des lecteurs parlent de leurs larmes à la lecture de cette histoire, je parlerai plutôt de tension, de nœud à la gorge et à l'estomac, au fil des pages, au silence que l'on s'impose pour lire tranquillement, mais qui semble aussi se faire de plus en plus lourd, pesant...

Aucun détail n’apparaît sur les sévices subis par la petite, l'auteur faisant le très bon choix de ne se fier qu'aux témoignages. Ici, seuls les témoins s'expriment, il n'y a ni Diana-Marina, ni ses parents. Certainement ce qui fait de ce roman un véritable tour de force, et aussi un des livres les plus durs que j'ai eu à lire, tellement la vérité se présente sous nos yeux de façon insistante, tout en nous imposant un rôle de personne impuissante.

Car il s'agit bien ici d'impuissance face à des actes odieux et irréversibles à l'encontre d'une enfant, qui a vécu le martyr de l'age de 2 ans, jusqu'au bout.

Les larmes sont venus, à la fin, quand j'ai recherché de quelle enfant il s'agissait; J'ai retrouvé les articles sortis lors du jugement des parents, la photo de cette petite Marina, qui m'est revenue à l'esprit, et enfin le lieu où elle a été découverte.

Là où j'aurai crié au scandale dans d'autres conditions en parlant de voyeurisme et de tape-à-l'oeil, ce roman est pour moi nécessaire pour éveiller les consciences et faire penser que ces choses peuvent arriver près de chez nous, contre une camarade de classe de ses enfants, où chez les voisins. Sans pour autant céder à la psychose, je pense qu'il est grand temps que les choses changent et, par ce livre, l'auteur invite à ouvrir les yeux, et à rester vigilants pour protéger ceux qui ne peuvent se défendre.

Agir, avant qu'il ne soit trop tard.

Commenter cet article

Léa Touch Book 13/09/2015 16:21

C'est un roman coup de poing très fort !

Valou076 13/09/2015 19:36

Très fort oui, et nécessaire pour prendre conscience de ce qui est fait, ou au contraire, pas fait pour la défense des enfants.

Leiloona 05/09/2015 09:18

Voilà, aucun voyeurisme, une narration maîtrisée. Un indispensable.

Valou076 06/09/2015 09:51

Je pense en effet qu'il est nécessaire.

Estellecalim 04/09/2015 14:37

Aïe. je sens que je ne vais pas me faire d'amis en publiant mon billet. Toi aussi tu as adoré. Bon, tant pis pour moi et tant mieux pour le livre. Ce doit être moi qui suis insensible.

Valou076 06/09/2015 09:51

Je ne t'insulterai pas sur Fb promis :)

Arieste 02/09/2015 14:08

ce n'est pas le genre de livre qui m'intéresse d'habitude, mais là tu me tentes beaucoup :)

Valou076 06/09/2015 09:50

Je ne cours pas après ce genre de récit d'habitude.

Alex-Mot-à-Mots 02/09/2015 09:51

Il semble faire l'unanimité, et me voilà impatiente de le commencer.

Valou076 06/09/2015 09:49

Je n'ai pas vu d'avis négatifs, en effet.

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