Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Les Quotidiennes de Val

Les Quotidiennes de Val

... c'est l'histoire d'une lectrice, d'une fille se promenant, allant au cinéma, poussant parfois ses coups de gueule,ou dévoilant ses coups de coeur...Pour au final, partager ce qui anime le quotidien...


Le beaujolais nouveau est arrivé, de René Fallet

Publié par Valou076 sur 10 Janvier 2014, 17:32pm

Catégories : #littérature

Le beaujolais nouveau est arrivé, de René Fallet

Il y a des classiques de cinéma que l’on connait par cœur : La Soupe aux choux, Le Vieux de la vieille etc… En ce qui me concerne, si c’est film sont archi-connus, j’ignorais jusqu’à aujourd’hui que ces histoires étaient toutes nées de la même plume, celle de René Fallet.
Cet auteur est reconnu dans le monde littéraire en 1947, à 19 ans, avec son premier roman Banlieue sud-est pour ensuite rédiger des dizaines de textes et scénarios. Mort à 55 ans, l’auteur était un grand ami de Georges Brassens.
Son nom m’était totalement inconnu jusqu’à ce qu’un ami me le présente comme son auteur préféré, et me prête de ce ses romans. C’est ainsi que « Le Beaujolais nouveau est arrivé » aintégré ma liste de lectures.

Vie de quartier

Quatre personnages évoluent (ou pas !) sous nos yeux : Camadule, un brocanteur, Poulouc, un jeune homme vivant de promenades avec les chiens des autres, Captain Beaujol, maître de la picole, ravivant très régulièrement son passé de troufion en Indochine et en Algérie, et Debeudeux, ami d’enfance de ce dernier, bloqué par sa vie d’ingénieur marié, et amant.
Ce roman est un peu l’histoire d’une vie de quartier où il ne se passe rien, la vie de quatre hommes qui ne vivent rien, à part leur moment ensemble au Café du pauvre, dans un de ces quartiers parisiens encore préservé de l’urbanisation, dans cette France de 1975, où poussent les immeubles d’habitation tels des champignons, rasant toutes les traces du Paris d’autrefois, condamné par le modernisme pressant.
C’est un monde fait de petits riens, de pensées « philosophiques » douteuses sur la condition de l’homme et de la femme, de dialogues avinés échangés au comptoir d’un bar miteux, dont le sol est jonché de sciure, un monde à part, une bulle d’histoire et de nostalgie fichée au milieu d’un monde moderne et implacable avec sa nouvelle version de « chair à canon ». Pour ces quatre piliers de comptoir, pas question de travailler, de devenir comme ces métro-boulot-dodo à se tuer au travail, 40 heures par semaine. Ici, l’oisiveté et profiter du système est le maitre-mot du quotidien des quatre acolytes, partageant parties de cartes et verres de beaujolais.
Si l’histoire, dans le fond, n’est pas des plus extraordinaires, elle est avant tout servie et mise en avant par une plume exceptionnelle, une plume que je n’ai pas souvent eu l’occasion de rencontrer au cours de ma dernière année de lecture, dont la finesse et les traits d’humour donnent envie de noter des citations toutes les trois pages…mais sans le faire, car une citation seule ne veut plus rien dire sortie de ce contexte si particulier.
Poussant la flemme à l’extrême, ces quatre hommes auxquels on ne s’attache pas vraiment font néanmoins penser que, pour rire un peu, on aimerait partager un verre de vin avec eux, voire deux, et quitter ce monde où l’on court pour profiter, nous aussi, de ce moment où l’on se fout de tout, et où l’on est là, tout simplement.

Bilan

Voilà ce que j’ai ressenti en lisant mon premier René Fallet, l’envie de tout laisser, d’être là, et puis c’est tout. Prend-on vraiment encore le temps de s’arrêter pour juste profiter de cet instant où plus rien ne bouge, où plus rien ne s’impose à nous… profiter de l’instant, et boire un verre.
Telle a été ma première rencontre avec René Fallet. Il y a des travers, je ne les oublie pas ici. Ils concernent notamment les opinions sur les femmes si négatifs et rétrogrades mais, vu l’état alcoolisée des personnages lors de leurs échanges, doit-on vraiment en tenir rigueur.
Un découverte que je compte bien renouvelée à l’avenir, notamment avec le deuxième titre prêté, « Le Braconnier de Dieu », mais aussi « Etsatz », qu’une blogueuse m’a également conseillé pour développer cette rencontre avec René Fallet, celui qui me ait apprécier son roman, juste avec sa plume, au détriment de ses personnages.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
P
J'ai beaucoup aimé Comment fais-tu l'amour Cerise ? et Paris au mois d'août, toujours entre cynisme et drôlerie, tendresse et violence. Tu as raison, une plume remarquable.
Répondre
V
Paris au mois d'août m'intéresse beaucoup.... toujours cett idée de lire des romans avec Paris pour décor.<br /> encore beaucoup de choses à apprendre de Fallet !
A
Il a réussi à te faire oublier ses personnages, quel tour de force !
Répondre
V
et oui ! ;-)
A
J'en ai lu un certain nombre dans ma jeunesse et j'aimais bien. Maintenant, c'est sûr que côté description de la femme, c'est plutôt daté !
Répondre
V
A mon goût oui, le défenseur de Fallet dit que ce n'est pas à prendre au premier degré, comme pour brassens. Je vais poursuivre ma découverte dans l'année en tout cas !

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents